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30 janvier 2011 7 30 /01 /janvier /2011 15:43

    Dans ma faculté, on appelle ça, "passer en minima". Mais la dénomination importe peu puisque le résultat est le même. Avant de vous donner mon avis sur la question, je vais rapidement expliquer aux étudiants qui ne sont pas encore en faculté ou ceux qui ne sont pas au courant de ce dont il s'agit, le principe. Passer en minima ou bien encore être en enjambement (l'image est plus édifiante sans doute), c'est véritablement et précisément, et vous me passerez l'expression, "avoir le cul entre deux chaises". En d'autres termes et pour illustrer clairement cela, vous êtes en 1ère année de licence, vous échouez à votre année, mais vous désirez tout de même passer dans l'année supérieure, tout en essayant, l'année suivante, de valider l'année supérieure et l'année inférieure. Etre en L1+L2. Bien sûr, la plupart des gens qui passent en enjambement n'ont pas des milliers de matières à rattraper, entre une et 3 ou 4. Mais parfois ils ont les TD, parfois des cours avec lesquels ils n'ont pas accroché... Voilà pour une définition du principe.

    Maintenant, que penser de ce système ? J'ai un avis très tranché sur la question, et vraisemblablement, je ne considère pas tout à fait cela comme une chance. C'est un système un peu surfait : avec la semestrialisation et les rattrapages, on a déjà bien toutes nos chances de pouvoir réussir nos années, les unes après les autres, sans redoubler. Si un étudiant n'y est pas parvenu avec ceux-ci, c'est que les "bases" ou les "fondamentaux" de l'année que vous passez quand même ne sont pas acquis et qu'il est plus opportun de redoubler que de passer coûte de coûte. Pourquoi avoir mis en place un tel système... Je me pose la question. Peut-être pour booster les chiffres... Mais ce n'est même pas intéressant car cela mène souvent à un échec cuisant. En général, les étudiants qui passent en minima ne s'en sortent pas : d'abord parce que les emplois du temps ne se superposent que rarement, ensuite parce que suivant les matières à rattraper, cela fait un surplus de travail substantiel et difficile à gérer, enfin parce que le plus souvent, ce sont les matières les moins appréciées qui sont à repasser.

    Ces constatations faites il est désormais intéressant d'expliquer pourquoi, d'un point de vue psychologique, c'est également difficile à gérer (en prenant l'exemple d'un étudiant entre la L1 et L2). L'étudiant en enjambement n'est ni tout à fait en L1, ni tout à fait en L2. Donc il lui est difficile de choisir ses priorités, difficile de tout mettre dans la L2 par peur de ne pas valider les L1 ; mais impossible de tout mettre dans la L1 car la L2 est sa priorité imminente et sa réalité immédiate (eh oui, il suit les cours de L2, pas de L1). Donc, selon moi, rencontrer des difficultés dans une telle situation est tout bonnement logique. Par ailleurs, si l'élève passe en enjambement, ça signifie que les bases de la L1 ne sont pas exhaustivement acquises -malheureusement- et donc que les matières de L2 peuvent lui apparaitre, à certains égards, assez troubles.

    On ne retire donc, ainsi que je le suggère, aucun avantage (sinon des inconvénients) -en réalité- à passer avec ce système. Et cet article rejoint d'ailleurs mon article sur le redoublement, qui est sans doute le moyen le plus efficace de rebondir et se refaire une santé.

    Passer en minima ou choisir le redoublement ? Si cette alternative se présente un jour, vous aurez mon avis, mais plus important encore, vous aurez de quoi vous enquérir de la justesse de ces deux systèmes. Soyez ambitieux et réfléchis ; ne soyez pas arrivistes...

    A bons entendeurs.

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Published by les-etudes-de-droit
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commentaires

doui 05/02/2011 13:02


ah et j'oubliais le plus important. Par définition un AJAC a déjà validé 1 semestre, donc redoublé signifie qu'il va avoir un semestre "sabbatique", perdre le rythme universitaire ...


doui 05/02/2011 12:23


Je n'ais pas été confronté personnellement à la situation de l'enjambement (toi non plus soit dit en passant), mais je ne partage pas ton avis.

D'autre gens qui ont vécu la situation disent déconseiller l'enjambement parce que c'est difficile ... mais si c'était à refaire, ne reprendraient ils pas la même décision, en particulier ceux qui
ont réussi à tout valider ?

L'alternative à l'enjambement, c'est le redoublement. Un redoublement a également des conséquences psychologiques tant sur la personne redoublante que sur son entourage et la société en générale,
qui lui reflètent son échec. Il y a même des débats sur la suppression du redoublement (pas spécialement à l'université).
Il y a également un a priori négatif, voire rédhibitoire de certains directeurs de Master au redoublement. Alors qu'on pourrait envisager par exemple l'hypothèse d'un étudiant qui manque de peu le
passage en L2, se bouge un peu le cul, et valide ensuite sa L2 + les matières manquées de L1 et continue ensuite tout à fait honorablement, voire brillamment son cursus.

C'est sur que si c'est pour repartir dans le même état d'esprit, mais avec encore + de boulot que l'année précédente, ce n'est pas la peine d'envisager l'enjambement. Mais il y en a qui sont prêt à
redoubler d'effort (pas forcément difficile s'ils partent de loin ^^) et pour eux l'enjambement est véritablement une chance, de ne pas "perdre" un an.

et puis quel est le risque ? Au pire il suffit de se recentrer uniquement sur les matières non validées de l'année enjambée ...


les-etudes-de-droit 05/02/2011 14:30



Salut Doui,

    Pour moi, et je le dit dans l'article : avec le système de la semestrialisation et les rattrapages, le système est conçu d’une telle façon que tout est fait pour qu'on
réussisse (brillamment ou pas) une année universitaire. Si après ça, un étudiant n'a quand même pas validé ses matières, c'est manifestement qu'il y a un problème avec les fondamentaux (et là, ça
risque d'être très dommageable pour le futur).
Partant de là, pourquoi s'acharner à vouloir passer dans l'année supérieure ? Et cela, à plus forte raison si on a loupé des matières à TD.
Quant à l'année peu mouvementée, rien n'empêche la personne justement de mettre son temps à profit : il y a pleins de choses à faire dans l'associatif, des petits boulots il n'en manque pas
(surtout dans ces périodes), et rien ne lui empêche également, d'assister aux cours des matières qu'il a passé de justesse (et même si elle est validée).
S'agissant le concept de l’échec social, je ne le nie pas. Le redoublement doit être quelque chose de difficile à vivre, au moins psychologiquement. Mais il y a de nombreux exemples de brillants
juristes (praticiens et universitaires) qui ont déjà redoublé une année et qui sont pourtant maintenant connus et reconnus comme tels. Quant aux directeurs de M II qui considèrent le redoublement
comme un critère de sélection péremptoire, eh bien, les redoublants passeront leur chemin de ces M II (qui sont sans aucun doute ultra minoritaires) et seront sélectionnés dans d’autres…
    Nous tomberons toutefois d’accord sur le fait que le mieux c’est de ne pas redoubler, ni passer en enjambement / minima…



Victor 02/02/2011 22:55


Bonjour,
Etant "en minima" ou "AJAC" c'est à dire Ajourné mais Autorisé à continuer, je ne peux que confirmer tes propos.
Ce statut est un véritable piège !
La seule solution quand l'on est sous ce statut est de favoriser les matières non validées de l'année précédente (L1 par exemple) quitte à devoir redoubler l'année en cours (L2).
Pour ceux qui seront confrontés à cette situation, je vous conseille de ne pas accepter ce statut car de toute évidence, vous redoublerez votre deuxième année.
Autant bien vous investir dans votre première année quitte à ce qu'elle soit plus légère au niveau de votre emploi du temps plutôt que d'essayer de valider tant bien que mal vos matières de L1+L2.


les-etudes-de-droit 03/02/2011 23:24



Bonsoir,


Oui, et vous pouvez mettre votre temps libre à profit : bosser à côté, ou, (si c'est en L2/L3) pourquoi pas essayer de faire un stage ou s'investir en association (consommateurs, etc.).


Je vous souhaite bonne chance pour la suite ;-)



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