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8 octobre 2013 2 08 /10 /octobre /2013 16:09

Le CRFPA. Une des épreuves reines s’il en est dans le domaine du droit. L’examen est réputé pour être compliqué. Logique, il faut bien faire une sélection. Et cela est bien connu, en l’absence de numerus clausus l’examen peut rapidement tomber dans la rigueur du concours si les résultats sont trop bons. Les examinateurs peuvent ainsi durcir la notation et s’adapter à la taille du barreau.

 

Ce qui signifie qu’au plus le barreau est grand, au plus le nombre de places est grand ; et corrélativement, au plus il y a d’étudiants. Ainsi dans certaines grandes facs parisiennes, le taux de réussite peut approcher les 40%, tandis que dans d’autres facs de Province plus enclavées avec un barreau déjà surpeuplé le taux de réussite peut être inférieur à 20%.

 

Globalement le taux de réussite au niveau national doit être autour de 25%. Sachant que ce pourcentage prend en compte le nombre d’inscrits à l’examen et non le nombre de présents. Et pour l’avoir passé cette année je peux affirmer que le nombre de présents est bien plus faible que le nombre d'inscrits. J’ai même pu constater qu’après la note de synthèse, certains avaient abandonné le reste des épreuves. Dommage pour eux, tant mieux pour les étudiants qui sont allés jusqu’au bout.

 

Au niveau des épreuves elles-mêmes, il faut le dire, elles sont très difficiles. Personne ne sort d’une épreuve en disant que c’était facile. D’une part elles ne le sont vraiment pas, et d’autre part, la personne ayant dit ça aurait l’air bête de l’avoir loupé. Mais qu’on se le dise, le niveau des épreuves est élevé. Je dirais même que les exams blancs de l’IEJ ne sont pas du tout au niveau des épreuves finales. A Aix, pour illustration, nous n’avions jamais eu de note de synthèse dépassant les 40 pages durant la préparation à l’IEJ. Le jour du CRFPA, la note était de 60 pages. Cela fait sans doute partie du processus de sélection mais ça ne simplifie pas les choses.

 

Pour les épreuves en civil, procédure et spécialité, c’est la même chose. Les épreuves sont bien plus difficiles le jour J que pendant l’IEJ.

 

Au demeurant, ce qu’attendent les correcteurs des copies c’est un raisonnement juridique fiable. C’est en tout cas ce qui ressort de l’IEJ et des prépa privées que j’ai suivies à distance pendant l’été. Globalement, le but n’est pas de tout savoir mais de réussir à raisonner avec les connaissances qu’on a. Être clair, le plus précis possible et surtout ne pas passer à côté d’une question. C’est toujours le risque : que ce soit en note de synthèse (mauvais plan) ou en obligation (offre confondue avec promesse unilatérale par exemple). Bref, pour que les résultats soient positifs il faut être dans le sujet.

 

Bien évidemment en sortant des épreuves, difficile de savoir si l’on a oublié quelque chose et si l’analyse qu’on propose au correcteur est bonne. C’est vraiment différent des partiels parce qu’en sortant de l’amphi on ne sait vraiment pas à quoi s’en tenir. Et on est conscient que le but du jeu n’est pas d’avoir 15/20 mais d’essayer de dépasser 10, même de 0.5 points. On sait également que les notes de synthèse sont notées environ sur 12 et qu’il sera difficile d’avoir plus de 11 de toute façon. On sait enfin qu’en droit civil la notation est dure (je parle pour Aix), et qu'ainsi, décrocher une note entre 10 et 12 serait un très bon point.

 

Le but étant de se rattraper éventuellement avec sa spécialité et la procédure. Encore que pour ma part j’ai trouvé mon épreuve de spé vraiment dure (en fiscalité).

 

Le constat que l’on fait est donc double : d’une part on ne sait pas du tout si ça va passer. Alors on reste optimiste. Et d’autre part, on sait toutefois qu’il va falloir se remettre à réviser (et là, c’est très compliqué) sans avoir les résultats.

 

Au final il s’agit donc d’une épreuve bien particulière qui ne finira, si admissibilité il y a, qu’après les oraux et notamment l’épreuve du grand oral.

 

Parlons-en… Le programme du Grand Oral est gigantesque. Il s’étend à toutes les matières étudiées depuis la L1. Il faut donc avoir de bonnes connaissances juridiques (surtout en pénal et administratif) mais également une bonne culture juridique (5e République, actualité brûlante...). Il est donc illusoire de tout savoir. Le but est plus, de ce que j’en retire aujourd’hui, de réussir à faire des liens entre les questions posées et ce que l’on sait réellement. Une question de procédure pénale peut emmener un candidat à faire un lien avec tel ou tel événement d’actualité… ce qui permet de noyer le poisson si nos connaissances techniques sont trop ténues sur le sujet ou la question posée.

 

Pour le sujet, ce qui compte apparemment est d’avoir un bon plan juridique, tenant la route. Avec bien sûr une bonne tenue et une bonne expression (il n’est vraiment pas nécessaire d’être grandiloquent).

Pour les questions il faut trouver un plan de réponse qui s’adapte à toutes les questions. Grossomodo : problématique actuelle sur la question, définition de la notion et notre avis sur la notion. Sachant que les questions peuvent être de tout ordre. Cela peut être sur un débat d’actu (il y en a de nombreux) ou sur de la culture G (en quelle année telle AAI a été créé… et dans ce cas, le plan tombe à l’eau. Si l’on ne connait pas la réponse il faut broder sur les AAI -je pense) ou sur nous-même pourquoi pas (je pense à la question : pourquoi voulez-vous devenir avocat : ça serait pas mal, puisqu’il n’y a pas de mauvaises réponses ; ça permet de temporiser, gagner du temps en étant presque sûr de ne pas se tromper –a priori).

 

Au total il s’agit plus d’un numéro d’équilibrisme (la chance y est pour beaucoup) que d’un réel examen sanctionnant des compétences juridiques. Ce qui fait que ce ne sont pas forcément les étudiants les plus brillants qui le réussissent, mais ceux qui ont fait les meilleurs choix de matière et ont eu un peu de réussite les jours d’examen.

 

On déplorera quand même que ce soit si compliqué en France par rapport à certains autres pays. D’autant plus que le nombre d’avocats par habitant chez nous est loin d’être élevé. Les USA nous surpassent largement. Par ailleurs, la société se judiciarise donc il semblerait logique que le nombre d’avocats aille en augmentant.

 

En tout cas, il est probable qu'un jour cet examen soit remis en cause. Avant cela, il reste à tous les étudiants qui l’ont passé (moi compris) à espérer que les résultats pour 2013 soient positifs.

 

Il faut rester optimiste.

 

[...]

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Published by les-etudes-de-droit
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commentaires

leblanc 10/09/2016 20:35

Tellement éprouvante cette expérience ...Passé 3 fois ...

s.a 18/11/2015 22:25

Bonjour,
C'est ma deuxième fois pour l'examen du CRFPA, je ne savais pas vraiment où mettre les pieds puisque j'avais changé de fac mais avoir des informations détaillés comme cet article m'a permis d'avoir en tête en minimum les grandes lignes. J'ai décidé de faire part de mes impressions sur ce fameux CRFPA à travers des articles au sein d'un blog qu je me permets de laisser si cela peut intéresser des personnes qui le passe ou veulent le passer à l'iej de Paris XIII : http://mavocationpourledroit.over-blog.com/

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